Le tatouage de nos jours

Le tatouage est une pratique qui existe depuis des lustres mais qui prend une telle ampleur aujourd’hui qu’il est inconcevable de ne pas en parler. Les questions se posent en effet sur le phénomène. Pourquoi se faire tatouer ? Pourquoi certaines personnes sont-elles amenées à se faire graver un motif sur la peau, qui plus est, est indélébile ? La pratique intéresse particulièrement les jeunes. S’agit-il d’un phénomène de mode ? D’où vient cet engouement soudain pour le tatouage ? De plus, si le tatouage a toujours été perçu comme étant associé à une image assez péjorative, pourquoi les médias, les célébrités et les « convertis » le perçoivent-ils comme étant esthétique ? Bref, il est clair que le tatouage de nos jours prend une toute autre dimension.


Le tatouage à ses débuts

Le tatouage à ses débuts

Le tatouage à ses débuts

Le tatouage est une pratique ancestrale. Elle consiste à marquer une partie de la peau de façon permanente. Il semblerait, selon les recherches archéologiques effectuées, que l’homme du Paléolithique en était l’origine. Depuis, la pratique s’est perpétuée. La raison est simple, l’homme a cherché à transcrire et à rendre matérielles des notions immatérielles qui lui était chères (sentiments, mémoire, souvenir, etc.), c’est alors qu’il a tenté de les immortaliser en les gravant sur la peau de façon pérenne. Les outils employés différaient selon les peuples qui pratiquaient le tatouage : silex, os, pointes d’allène, dents de requin, fil de fer, aiguilles, fil en peau de phoque, jusqu’aux appareils modernes utilisés actuellement.  Bien sûr, se faire tatouer n’a jamais été sans douleur et il est donc à en déduire que cet effet est justement recherché. Comme si la douleur était voulue dans le but de socialiser ; il s’agit donc de la valeur principale du tatouage. En effet, entre tatoueur et tatoué, mais aussi entre le tatoueur et son corps, une relation exceptionnelle se noue et la douleur en est l’origine. Aussi, il est question de se prouver à soi d’abord, mais aussi aux autres, ce dont on est capable. Les tatoués affirment qu’après l’opération, plus cela a été douloureux, plus une sorte d’énergie et de force se ressentent. Ta perception de toi-même change, mais aussi le regard des autres sur toi. Ils te respectent plus. Le tatouage est donc signe de force, de courage et de virilité.

L’évolution du tatouage

L’évolution du tatouage

L’évolution du tatouage

En Europe, le fait de se tatouer fut un moment une pratique oubliée. C’est dans la littérature qu’on l’a retrouvé plus tard au cours du 18ème  siècle. Ce sont les marins qui, parait-il, ont ramené la « tendance » en Europe, ce qui a suscité un énorme engouement à l’époque. Cependant, la pratique était mal vue et celui qui se faisait tatouer était considéré comme un être asocial. Cela était même considéré à l’époque comme  étant une transgression de la loi. Au 20ème siècle, après les guerres et les diverses manifestations revendiquant la liberté, disposer de son corps selon ses envies était une sorte d’étape obligatoire. La révolte était au cœur de cette société en soif de liberté totale ; comme le tatouage était mal vu tout en étant un moyen de prouver que l’on maîtrise son corps, il est devenu la matérialisation de cette révolte. Les hippies et les rockers en sont les principaux acteurs. Ils se faisaient tatouer des symboles caractérisant leur philosophie (tête de mort, feuille de cannabis, personnages cultes de films, etc.). Le rock touchait énormément de jeunes. Ce style musical était symbole de rébellion et était donc en parfait accord avec la pratique du tatouage. On considérait aussi le fait de se tatouer comme un signe d’appartenance à un groupe : les camionneurs, les marins, les militaires, les motards, … Par la suite, suite à l’explosion des moyens de communication, le tatouage a pris un tout autre essor. Les médias ont en effet fait en sorte que les mœurs soient libérées. D’autres acteurs de la vie sociale comme les artistes, les sportifs, les modèles ou encore les personnages de publicités se sont accaparés le phénomène tatouage. Le regard du monde sur ce dernier a peu à peu changé.

Le tatouage actuellement

Le tatouage actuellement

Le tatouage actuellement

Après les personnes marins, les tolards, les motards, le rebelles, puis les personnes célèbres, la pratique du tatouage touche actuellement Monsieur et Madame Tout-le-monde. On se retrouve aujourd’hui avec des boutiques de tatouage à tous les coins de rue, comme s’il s’agissait d’un accessoire de mode comme tant d’autres. En France, c’est Bruno Cuzzicoli qui fut l’un des premiers à s’être installé à paris dans les années 60. Il est devenu un chef d’entreprise se spécialisant dans la vente de matériels de tatouage. Plus de 50 années plus tard, il est loin d’être le seul dans cette filière très prisée. Magasin, atelier, studio, boutique, cabinet, institut, … de nombreux termes servent même désormais à désigner l’endroit où se faire un tatouage, et ce n’est pas les clients qui manquent. Certes, l’activité n’est toujours pas reconnue officiellement comme étant une pratique professionnelle mais le fait est que la pratique est devenue courante et très évoluée. L’association des tatoueurs, essaie du mieux qu’elle peut d’atteindre un niveau d’excellence dans le but d’être enfin reconnue et les médecins sensibilisent de plus en plus sur les règles d’hygiènes. Des formations sont même obligatoires là-dessus pour les tatoueurs.

Le phénomène du tatouage est aujourd’hui à son paroxysme. Mais s’agit-il d’un art ou d’une mode ?

D’un côté, l’on a les tatoueurs qui se disent artistes et il n’y a d’ailleurs pas lieu de les contredire vu les œuvres que certains peuvent pondre. Certains sont même diplômés des Beaux-Arts et cultivent l’excellence via des tatouages aux motifs graphiques d’un tout autre niveau. La profession, grâce à eux, est perçue différemment. Les corps de certaines personnes se transforment même en véritable œuvre d’art, et les diverses expos et événements sur les tatouages ne font que mettre en valeur ce côté artistique de la chose.

D’un autre, c’est en grande partie grâce aux « modèles » aperçu dans les médias que le phénomène s’est accru : footballeurs, acteurs, chanteurs, mannequins, … La masse s’identifie à ces gens-là et est persuadée qu’avoir un tatouage c’est être en phase avec la tendance actuelle partout dans le monde. Ne pas en avoir signifierait être exclu de la société dans laquelle nous évoluons actuellement. C’est donc un signe d’intégration sociale mais aussi un phénomène de mode dont les modèles ne sont autres, que ces personnes surexposées par les médias.

Dans tous les cas, le sens original du tatouage qui est un moyen d’expression, de matérialisation et d’immortalisation des choses immatérielles demeurent toujours. La plupart des tatoués déclarent que les motifs de leurs tatouages ont des significations personnelles même si une part de vouloir suivre la tendance est là. C’est une sorte d’expression de son identité dans ce monde où le chaos règne de plus en plus. Les personnes qui se tatouent veulent se réapproprier leur corps, mais aussi leurs émotions. Ils veulent aussi s’identifier à  une valeur, une culture qui est la leur  afin de se démarquer des autres mais aussi pour appartenir au groupe de personnes qui les ressemblent.

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