Vers une démocratisation du tatouage permanent

On observe de plus en plus d’événements consacrés au tatouage à l’instar du Mondial du Tatouage qui s’est tenu le 6 mars dernier ou encore l’exposition « Tatoueurs, Tatoués » qui se tient jusqu’au 18 octobre au Musée du Quai Branly. C’est à s’interroger sur la considération que l’on a du tatouage actuellement. Ferait-on face à une démocratisation de cette pratique jugé auparavant mauvaise ? Il semblerait que oui. Vu le nombre de tatoués et le fait que cela atteint toutes les catégories sociale, tous les genres et une plus large tranche d’âge, le tatouage n’est plus réservé aux rebelles ou aux taulards.


La fin des clichés sur le tatouage

La fin des clichés sur le tatouage

La fin des clichés sur le tatouage

On a longtemps associé un stigmate au tatouage selon lequel il n’est réservé qu’aux « bad boys » et aux « bad girls ». Désormais, ce genre de cliché n’est plus. En effet, aujourd’hui, Monsieur et Madame Tout-le-monde se font tatouer. De plus, l’on fait face à un plus vaste choix quant aux motifs et aux savoir-faire des tatoueurs. Cela satisfait ainsi les besoins et les goûts d’une plus large catégorie de personnes. En France, il y a actuellement plus de 4 000 salons de tatouages contre seulement une petite vingtaine dans les années 80. La pratique n’est plus autant stigmatisée et les tabous ont disparus. De nouveaux codes sont peu à peu apparus en ce qui concerne le tatouage et ses buts et symboles ne sont plus les mêmes qu’avant. Certes, les tatouages de revendications ou d’appartenance à un certain groupe existent toujours mais l’on se tatoue de plus en plus pour d’autres fins, surtout esthétique.

Identité et tatouage

Identité et tatouage

Identité et tatouage

Avant, les salons de tatouage se limitaient aux motifs usuels de type tribaux, lettrages chinois ou encore tête de mort. Cependant, de nouvelles demandes sont apparues au cours du siècle dernier si bien que l’innovation, l’aspect plus artistique et les exigences techniques sont devenus les maître-mots des tatoueurs actuels. Ces nouvelles demandes sont dues à une recherche plus accrue des gens,  à travers le fait de se tatouer, d’une identité. Chacun cherche à se démarquer des autres, à affirmer ses goûts, ses besoins et c’est ainsi qu’est apparu les diverses motifs de tatouages que l’on peut voir actuellement. Le monde dans lequel nous évoluons est en effet devenu plus divisé et désordonné qu’il ne l’était auparavant d’où cette recherche plus accrue d’une identité. Aussi, ce sentiment d’ancrage, de stabilité, renforce encore plus ce besoin de se définir et de s’affirmer. Selon les recherches effectuées par Elise Müller, il existe en tout cinq raisons pour une personne de se tatouer : la recherche d’un certain esthétisme, le marquage du passage à une nouvelle étape de la vie, le besoin de se rassembler, le besoin d’exprimer ses valeurs, et enfin pour illustrer le mythe personnel. La chercheuses souligne également que le tatouage existe depuis des millénaires mais comme par hasard, n’a commencer à se démocratiser que maintenant. Ce sont les médias qui ont grandement contribué à cela, via les sportifs, les célébrités, … jusqu’à en faire une pratique « cool » et totalement « in ».

Le tatouage et ses origines populaires

Le tatouage et ses origines populaires

Le tatouage et ses origines populaires

Il faut savoir qu’à la base, le tatouage a des origines populaires, c’est-à-dire que la pratique se faisait surtout dans les milieux populaires. Aujourd’hui, des personnes célèbres à l’instar des chanteurs, des acteurs ou encore des sportifs se font également tatouer, mais aussi d’autres personnes issues de milieu aisé (banquiers, hommes ou femmes d’affaire, ..). L’on croirait donc que le tatouage a perdu ses origines populaires mais cela est faux car aujourd’hui encore, les milieux populaires sont toujours les plus tatoués. Cela étonne vu que le tatouage est onéreux mais selon des études réalisés, ils emblerait que l’aspect financier de la chose n’est pas ce qu’il y a de plus important. C’est plutôt l’aspect psychologique qui semble le plus freiner une personne à se faire tatouer. Ainsi, les gens issues  des milieux populaires semblent être plus aptes à franchir le pas. Cela est du au fait que l’ancrage ou marquage est lié à une culture plus répandue dans ce milieu-là. En tout, un Français sur dix est tatoué, avec un grand développement de la pratique chez les 25 – 34 ans et un quasi inexistence chez les plus de 50 ans. Il faut savoir qu’en France, le phénomène n’est qu’à son début, et provient évidemment de la jeunesse. Elle se pratique surtout en ville. Cette pratique n’est encore pas prête de s’arrêter et son évolution est d’ailleurs déjà visible. Dans plus longtemps, la France devrait voir 15% de sa population tatouée. En effet, selon des sondages, 22% des jeunes entre 18 et 24 ans, ainsi que 13% des 25 à 34 ans n’ont pas encore sauté le pas mais désirent le faire prochainement. La France a encore du chemin à faire surtout lorsque l’on tient compte du fait qu’aux Etats-Unis, 23 % de la population est tatouée. C’est dans ce pays que la démocratisation du tatouage a commencé avec un fort développement de la pratique actuellement. Par contre, c’est les britanniques qui ont fait en sorte que la profession de tatoueur se soit anobli, il y a fort longtemps déjà. C’est pour dire qu’en France, ce nouveau regard sur le tatouage est encore récent si bien que malgré une évolution palpable et énorme, certains préjugés persistent toujours. Il s’agit surtout de l’ancienne génération qui juge toujours les personnes tatouées comme étant de mauvaises personnes.  Au Royaume-Uni, le tatouage est fortement démocratisé. Les tatoueurs existent en nombre et a connu un développement spectaculaire entre l’année 2003 et l’année 2013.

Vous pouvez la mettre en favoris avec ce permalien.

Laisser un commentaire